18 mai 2010

C'est quoi le Benin ?

J’ai tenté une première fois de décrire le pays et l’expérience que j’y vis sous word afin de le bloguer, néanmoins, le texte (ainsi que tous les autres documents) s’est volatilisé une fois ma clé connectée au port usb 1 relié à l’Internet de qualité Africain… donc je retry pleine de bonne volonté (et je ferai un fichier de sauvegarde cette fois !):

Voici ma première perception du Benin, mon pays d’accueil pendant les 3 prochains mois.

Le territoire

Le Benin est un superbe pays d’Afrique de l’Ouest situé entre le Nigeria, le Togo le Burkina et le Niger. La population, on s’en doute, y est noire et, étant donnée la chaleur constante (et le je suis en pleine période des pluies !), ca n’est pas très étonnant. Le soleil tape partout ou il peut, et l’air chaud qu’il produit s’immisce dans chaque recoin ou il n’est pas. Les constructions de bâtiments anciens s’écroulent plus ou moins (en fonction du soin et réhabilitations qui leurs sont apportés depuis des décennies) et les récentes ne prennent pas en compte une quelconque optimisation de l’isolation qu’elle soit thermique ou phonique : les coûts doivent probablement être trop importants pour les inclure au capital de base… Une grande partie des constructions en cours sont délaissées ou leur finalisation remise à plus tard offrant des paysages de structures bâties éventrées ça et là. Il doit donc être difficile d’être un promoteur HQE dans ces conditions au Benin. Bien évidemment, les investissements qui n’ont pas été fait pour cause de réduction de coûts sont bien vite rattrapés  par l’utilisation des ventilateurs (plafonniers pour ceux qui avaient tout de même prévu le coup des la construction) et climatiseurs (pour les plus riches…les villas de blancs, ou les lieux et institutions qui leur sont destinés également). Le jeu national est d’éviter le contact avec notre astre solaire, et si les appareils cités plus haut permettent parfois d’avoir une longueur d’avance en la matière, la plupart des béninois se déplacent tout simplement d’ombre en ombre derrière les façades, les arbres, les camions… pour ne pas subir plus encore cette chaleur étouffante. L’humidité actuelle due aux fortes pluies (magnifiques orages aux sonorités sourdes et aux couleurs dégradées d’un rose corail vers le nacré) qui tombent sans prévenir pendant la nuit ne rafraichit que peu l’air matinal mais permet à la terre de se ressourcer et de nourrir l’agriculture d’importance sur le sol plat du pays. Cette activité est essentielle afin de produire suffisamment pour nourrir les habitants et créer du commerce (le coton en particulier). La végétation y est donc étonnamment luxuriante, verdoyante et inconnue de nos contrées françaises. La base est le cocotier évidemment –, il est dangereux de se balader dessous : les noix tombent inopinément du haut de leur quelques 15m et même s’il est dit qu’elles ont des yeux, il ne ferait pas bon se trouver au mauvais endroit au mauvais moment-, le palétuvier (rose ou blanc, parfois considéré comme sacré parce qu’il a permis de cacher les ancêtres en temps de guerre), des sortes de pins très hauts… et plein d’autres dont j’ignore le nom. Au bord des routes de terre (il y a peu de routes goudronnées et elles sont pleines de trous !)se trouvent les cultures de manioc, de maïs, d’arachides, d’ananas, de papaye… parmi ces champs se baladent en toute liberté vaches poules et chèvres, margouillat et rongeurs divers, chiens et chats errants et bien évidemment toutes sortes de petits insectes volant et rampant du type fourmis, mouches, éphémères, moustiques…avec ou sans palu.

Les infrastructures

Pour faciliter les transports entre les villes/villages le moyen le plus courant est la moto. Le code de la route est le même que le notre, le code Rousseau mais la façon de conduire n’est pas du tout comparable. Les routes nécessitent une maîtrise et connaissance des trous et des sols parfois boueux ou inondés, et les machines utilisées (majoritairement des vieilles Peugeot trafiquées pour faire 4x4) que l’on nourrit à l’essence frelatée importée du Nigéria pétaradent à tout va et se disloquent en morceaux régulièrement. Ces besoins de communication sont très utilisés pour faciliter la production et le commerce nécessaires à la bonne tenue du pays, et même si les infrastructures ne se développement pas aussi vite, cela permet également la création d’un grand nombre d’emplois : les garagistes, les vendeurs d’essence sur le bord de la route dans des bidons de verres (il y en a tous les dix metres et au niveau sécurité c’est plus que risqué…) et les taxis : voiture ou moto que l’on appelle des Zem (dans les voitures on peut être jusqu’à 7 et sur les motos jusqu’à 4 avec le conducteur !). Personne ne peut rouler très vite, mais le trafic est extrêmement dense et la poussière soulevée additionnée à la chaleur et la pollution des pots d’échappement ne permettent qu’une visibilité réduite de la route et ses accros. Les feux tricolores et les panneaux de signalisation ne sont présents que dans les grandes agglomérations, le reste du temps, cela se joue à la courtoisie, au forcing et aux coups de klaxons qui retentissent de toutes parts.

La Population

Les habitants béninois sont approximativement recensés au nombre de 8 millions ce qui classe le pays comme l’un des plus petits d’Afrique. Le territoire est encore en pleine construction d’une organisation départementale, régionale, en villes et quartiers. Les « frontières » sont complexes à déterminer étant données l’histoire récente de colonisation par les européens (français mais aussi portugais, anglais, hollandais qui se répartirent le Sud côtier du pays pour faciliter les « transactions » d’esclaves), et celle plus ancienne des multiples tribus qui donnèrent naissance aux différents royaumes guerroyant entre eux sur le territoire alors étendu vers les pays limitrophes. Les « teintes » de peau et les faciès (est ce politiquement correct de parler ainsi ?) varient autant que les dialectes et leurs accents dans l’ensemble du pays.

Mais il est évident que tous se comprennent et sont unis par un même sentiment national. Ils sont fiers de leur pays, du calme politique qui y règne (on ne parle pas réellement de stabilité politique vu les multiples refontes de gouvernement, mais il y a longtemps qu’il n’y a pas eu de coup d’Etat ou de révolution par le sang) même si la corruption reste de mise dans tous les partis politiques qui accèdent au pouvoir, créant des centaines de nouveaux mouvements avec beaucoup d’idées mais aucune possibilité d’action. D’autres moins investis en tant que citoyens ont une vision du monde occidental, et de l’Europe en particulier, proche de l’Eldorado où, si les philosophies de vie leur semblent bien plus (voire trop) complexes, il serait possible (enfin) d’atteindre rapidement un niveau de vie et de confort incomparable aux leurs. C’est pourquoi, on peut parler d’un « rêve européen » selon lequel la reconnaissance de la société (blanche comme noire) pourrait leur être offerte s’ils réussissaient à mettre suffisamment d’argent de coté pour s’offrir le voyage et à s’expatrier en Europe avec pour simple bagage une bonne idée de commerce à créer. La vision de la famille est telle qu’il n’est pas utile de partir avec femme et enfants, ces derniers doivent simplement être assurés au niveau financier et bien entourés par la famille de l’époux (les liens avec les belles meres/sœurs sont tout particulièrement important : les activités sont réparties par sexe dans la société. Il est toutefois indispensable d’offrir à la famille une descendance (masculine de préférence) avant de se permettre une expatriation en Europe ou dans un autre pays d’Afrique.

Par rapport aux touristes (ou bénévoles) blancs : les yovos, ils sont des méouïs (noirs). Ils savent que les yovos ont plus d’argent qu’eux (à savoir le coût de la vie ici comparable au taux du franc CFA = à l’ancien franc français donc : 1€ = 650Fcfa), il est donc indispensable de marchander tous les tarifs qui nous sont proposés (souvent on les divise par 2)

La relation avec « le blanc » est en pleine évolution, il faut dire qu’il y a moins de 50 ans, nous étions des colons dont l’attitude envers ces populations à l’état d’esprit peu hostile pouvait être remise en question (montrer sa supériorité, donner « la charité » lestement, profiter des magnifiques femmes du pays, importer des mœurs étranges, se moquer des croyances culturelles et religieuses…) donc on passe peu à peu d’une vision  « yovos donne moi un cadeau » a une chansonnette apprise dans les écoles pour faciliter l’accueil et l’adaptation des blancs en montrant la connaissances des mœurs et de la langue française des plus petits « yovos yovos bonsoir, ca va bien, merci ». J’avoue que cette attitude est bien plus agréable lorsque l’on arrive sans repère dans un pays inconnu.

Voila pour la premiere impression, sinon, je suis toujours trop bien ici, j'en apprend chaque jour un peu plus et je me sens de moins en moins "yovo" (sauf dans les parties plus touristiques!)

J'espere que vous aurez eu un peu des odeurs et senteurs de mon quotidien par ce txt...mais bon, v

iendez visiter par vous meme...Ca vaut le coup !

DEs bisous.

Posté par PaulinoBenin à 15:42 - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur C'est quoi le Benin ?

  • bah alors?

    Y a personne qui lit quand c'est un peu plus long ou quoi??? des bisouuuuus!*

    Posté par PaulinoBenin, 24 mai 2010 à 12:40 | | Répondre
  • SISI! Trop bien, continue, j'adooore!
    Et toi aussi tu me manques!
    Des bisoux des bisoux des bisoux (et aussi de Mayou)

    Posté par adlaure, 30 mai 2010 à 23:46 | | Répondre
  • Siii! on lit :)

    C'est nickel, meme si pour moi ca manque un peu de photo ..

    Posté par tonton 9000, 29 juin 2010 à 11:25 | | Répondre
  • c'est quoi le bénin

    ,je suis désolé je vis en Afrique depuis 1964 au Sénégal au Gabon,puis dernièrement au bénin,et tu es
    a coté de la plaque,,,cher ami il faut remettre les choses au point.
    ont ne peu pas comparer,la vie en Europe,avec la vie au bénin,leurs pouvoir financier,la monnaie
    et même idéale de vie,j'habite parakou avec ma femme,et depuis 1964 j'ai vu la modification,et
    la pauvreté,de l'Afrique mon père soignais les villageois en brousse au sénégal ,,,,

    Posté par jpaullafricain, 12 août 2010 à 12:50 | | Répondre
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